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Fonds Social Européen |
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N° 12 Octobre 2007 |
10 ANS DÉJÀ !
10 ans !
C'est en effet en novembre 1997, que, sur l'initiative de Pierre FRANCOIS, membre de
l'équipe municipale, du Service Politique de la Ville d'Ermont et avec le soutien du
Conseil municipal, notre association a été créée.
Un objectif : participer à l'insertion sociale et professionnelle par le développement
des savoirs de base en lecture, écriture et calcul des personnes, ermontoises au début,
en situation d'illettrisme.
Une singularité : confier à des bénévoles formateur la prise en charge des
"apprenants " dans un face à face pédagogique. Ce terme d'apprenant, même si non
"puriste ", est entré d'emblée dans notre jargon et nous y tenons !
Un pari fou ! Que n'as-t'on entendu sur nos méthodes, nos manques de
professionnalisme, notamment de certains, qui se reconnaîtront, claironnant partout
que eux seuls savaient y faire et que ce n'était pas en s'y prenant de la sorte que nous
serions efficaces….
Efficace ? Notre monde l'est-il au regard de tous ceux qui restent au bord du chemin ?
Il n'en reste pas moins que depuis 10 ans 100, 150, 200 ou plus, personnes de bonne
volonté ont remonté leurs manches, ont accepté de se former, ont consacré de leur temps
même le week-end, afin d'essayer d'être au top !
Alors je ne sais pas si nous sommes aujourd'hui au top et ce serait prétentieux de le croire,
mais ce que je sais, parce que vérifié chaque jour, c'est que les personnes qui viennent
nous voir sont heureuses de la faire et
leur " fidélité " le prouve. A ce propos les quelques
lignes écrites par deux apprenants dans ce journal, (voir leurs contributions en page 3),
démontrent que ce que nous faisons est digne d'intérêt !
Trois verbes pour définir notre action :
écouter , motiver , valoriser
Mais tout cela n'a été rendu possible, et l'est encore grâce à vous tous et à votre présence
quotidienne auprès des personnes en difficulté qui, de leur propre initiative souvent,
viennent nous demander de les soutenir et de les aider dans leur démarche de
reconstruction .
Alors nous allons fêter cela.
Ouvrez vos agendas et notez :
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Vendredi 14 décembre
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19H
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Salle de l'Arche
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150 rue de la Gare - Ermont
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A l'occasion de ce 10ème anniversaire nous publierons un numéro spécial, pour lequel nous
avons absolument besoin de vos témoignages. Que vous soyez " anciens " ou plus
"récents" toutes les contributions seront les bienvenues… Quelques lignes, 3 ou 4, suffiront !
Nous sommes heureux d'avoir accepté de rendre ce service, nous le savons, mais ça va
mieux en le… disant !
Marc
En cette rentrée 2007, les contacts que nous avons eus pour trouver des bénévoles, aux
3 forums d'Ermont, Eaubonne et Franconville en septembre, ont eu un grand succès.
Une vingtaine de personnes sont venues en octobre à la formation qu'a assurée un organisme
spécialisé pour la formation d'adultes en difficulté concernant la langue française.
Il faut remercier en particulier de ce résultat la vingtaine d'anciens qui ont su faire passer leur
passion d'une mission à la fois sociale et économique.
Dans un tout autre domaine, un groupe de travail de bénévoles est en train d'élaborer un
projet associatif qui intègre les évolutions de CLE et sera la base de nos partenariats et des
accords à conclure entre CLE, bénévoles et apprenants.
Nous ne manquerons pas de vous reparler de ce projet qui sera présenté au Conseil
d'Administration à la fin de cette année civile.
Philippe BOURGUIGNON

Paroles d'acteurs
Une visite au Louvre
Le mercredi trois octobre je suis allé au Louvre avec le groupe de l'association C.L.E.
Des bénévoles nous ont expliqué comment les peintres ont exprimé des passages de la
Bible.
Nous avons admiré plusieurs tableaux.
Je les ai tous aimés parce qu'il y a des liens avec le Coran et aussi des différences.
Ce qui m'a surpris c'est la représentation du visage des prophètes car dans l'Islam c'est
interdit.
J'ai été content parce que c'est la première fois que je visitais le Louvre.
Ca m'a donné des idées sur le dessin.
Nabil LARABA
Le 10 - 07 - 2007
Voilà les vacances qui arrivent et, à cette occasion, je me permets de dire à toute l'équipe
de l'association Clé mille et mille mercis pour leur aide, pour ce qu'elle représente pour les
gens qui avaient des difficultés dans leur parcours pour l'intégration dans cette société qui
est nouvelle pour nous.
Grâce à leur aide à moi en particulier, j'ai repris mes repères et surtout ma confiance en
moi. Je les remercie tous du fond du cœur sans citer les noms.
Faïza SEGGANE
Bénévoles, apprenants, cette rubrique vous appartient ! A vos stylos !
Lu, entendu, vu, surfé pour vous….
L'illettrisme est une question sociale majeure
Mais c'est d'abord un drame personnel pour tous ceux et toutes celles qui y sont confrontés.
On n'imagine pas, en effet, dès lors que l'on est assez familiarisé avec l'écrit pour lire, le
malaise, voire la panique, de ceux pour lesquels tout rapport avec l'écrit est source de
grandes difficultés...
Ils savent qu'il serait important de comprendre. Ils discernent vaguement quelques indices,
mais ils n'osent pas extrapoler de peur de se tromper. Ils ont toujours le sentiment qu'un
autre est là, derrière leur dos, qui les épie, prêt à ricaner.
L'illettrisme n'est pas à confondre avec les difficultés scolaires, plus ou moins grandes,
qu'on peut éprouver durant sa scolarité. Un élève en formation, même en grave échec en
lecture et en écriture, n'est pas un illettré. C'est quelqu'un qui requiert des aides particulières
ou, tout simplement, l'utilisation de méthodes pédagogiques capables de le réconcilier avec
la langue. On ne doit jamais dire d'un élève qu'il est illettré : c'est une question de principe.
Car rien ne serait pire qu'il accepte comme inéluctable l'étiquette qu'on lui a collée.
L'illettrisme est donc un phénomène social qui caractérise les adultes sortis du système de
formation. C'est un phénomène qui touche plutôt les générations les plus âgées et les
populations les plus fragiles et marginalisées.
De nombreux organismes et associations s'attachent à lutter contre lui. Toujours avec les
mêmes principes : renforcer, en même temps, la confiance en soi et les compétences
langagières. Faire découvrir que l'écrit permet de libérer la mémoire, d'économiser du temps
et de l'énergie... mais, aussi, d'exprimer ce qui nous habite et d'entrer en relation avec les
autres. Et puis, surtout, il faut comprendre que l'écrit fait peur à tout le monde, même à ceux
et celles qui en sont des professionnels.
Nul n'écrit sans angoisse, sans être tenaillé par l'inquiétude de mal dire, de voir stabilisée une
maladresse ou une erreur, de ne plus pouvoir rectifier ce qui sera définitivement à charge
contre lui... Écrire, c'est difficile. On ne peut faire croire à personne le contraire. Sous peine
d'imposture. En revanche, on peut accompagner les personnes - de la toute petite enfance
jusqu'à la fin de leur vie - dans la découverte que c'est une difficulté infiniment féconde et que
les satisfactions qu'on peut y trouver sont immenses.
Tant que l'entrée dans l'écrit restera une épreuve formelle, tant qu'écrire ne deviendra pas
une occasion de se réaliser et de trouver sa place parmi les autres, l'illettrisme restera
un problème social et un handicap politique majeur pour notre démocratie.
Philippe Meirieu
Journal LA VIE n°3239
Philippe Meirieu vient de publier Pourquoi est-ce (si)difficile d'écrire ?
Les Petits Guides de J'aime lire, Bayard Jeunesse - 3,90 euros.
ILLETTRISME
CES SALARIES QUI EN SOUFFRENT
1,8 million de salariés français, soit 8 % des actifs, seraient en situation d'illettrisme. Une
enquête menée par l'Insee et l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (ANLCI) fait
apparaître la réalité chiffrée d'un phénomène qui n'est pas sans conséquence sur la vie des
entreprises dans plusieurs branches professionnelles.
Ils ne sont pas analphabètes. Ils ont été scolarisés, mais éprouvent des difficultés à maîtriser
la lecture, l'écriture ou le calcul. Ils se trouvent, par exemple, dans l'incapacité de lire des
consignes de sécurité ou de remplir un chèque. " C'est une situation très difficile à vivre, ils
font tout pour cacher leurs difficultés, craignent d'être stigmatisés et mis à l'écart s'ils les
révèlent ", souligne l'ANLCI. La Bretagne, bien placée sur le plan scolaire, compte moins de
salariés en difficulté, mais accuse un retard dans l'accompagnement de l'illettrisme. "Nous
sommes encore en phase de sensibilisation, il faut enclencher la vitesse supérieure ",
commente-t-on à l'OPCAREG Bretagne, qui collecte les fonds de formation. " La
démarche est plus difficile à mener dans les petites entreprises où les gens se connaissent
bien et hésitent à se déclarer, ces dernières ont également plus de mal à dégager des
salariés pour les formations. "
Un frein pour une entreprise sur quatre
Selon l'ANLCI, une entreprise sur quatre considère que l'illettrisme est un frein à son
évolution. "Lorsque les processus de travail changent, lorsque les méthodes de travail
changent, lorsque les machines changent, les salariés en situation d'illettrisme sont
fragilisés, ils sont sur le fil du rasoir", explique Marie-Thérèse Geffroy, la directrice de l'ANLCI.
Ils doivent avoir constamment recours au collègue de travail pour lire la consigne de sécurité
ou le cahier que le client laisse le soir, par exemple, dans une société de nettoyage. Chaque
jour, pour faire face à leurs tâches, les salariés en difficulté doivent mettre en œuvre d'habiles
stratégies de contournement qui leur font perdre du temps et de l'énergie.
Beaucoup de tact
Pour détecter les gens concernés, l'encadrement doit agir avec beaucoup de tact pour
ne pas les blesser, et mettre l'accent sur leur potentiel, car ce sont souvent des salariés très
compétents dans leur domaine ", souligne Armelle Morzadec, coordinatrice à l'ASF (2) de
Quimper, qui organise des formations adaptées au problème. " Les chefs d'entreprise doivent
comprendre que le déblocage de fonds de formation est pour eux un investissement sur
l'avenir. " Les directeurs des ressources humaines que nous avons tenté de contacter ne se
sont guère prêtés aux commentaires sur un sujet jugé " très délicat ".
Preuve que le problème reste tabou.
Le Télégramme de Brest
8 octobre 2007