cle La CLE de l'Info val_et_foret
CLE à Ermont      ESPACE PIERRE FRANÇOIS        Association loi 1901
25, rue du 18 juin 95120 ERMONT      tel : 01 34 15 46 40        e-mail : assoc.cle@wanadoo.fr       Site internet : www.clevf.org

SOMMAIRE
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Edito
Hommage à André
Les nocturnes ont vu le jour
Le billet du président
Bourdon bénévole
Les forums
La page des apprenants
Quand la lecture ne vient pas
Découvrir le bonheur d'écrire

Les nocturnes ont vu le jour !

Mercredi 1er octobre Ricardo, Florent et Badia ont inauguré la 1ère rencontre des " Nocturnes de Clé " La lecture plaisir.
C'est en effet l'objectif que s'est donné ce nouvel atelier proposé régulièrement en soirée.
Josiane, Roselyne et Odile ont animé cette rencontre en proposant la découverte d'un chapitre du Petit Prince…
Et si la lecture nous apprivoisait ?

andre6 André nous a quittés
Sa disparition brutale plonge sa famille et ses nombreux amis dans une peine immense.
Nombreux amis, oui, car André avait un rayonnement exceptionnel.
Retraité de l'EDF, il avait très tôt pris toute sa place dans des engagements divers au sein de la communauté ermontoise.
A CLE d'abord où il fut parmi les tous premiers formateurs bénévoles, puis administrateur, puis président de 2002 à 2007, puis à nouveau administrateur.
A la mission locale de la vallée de Montmorency où il soutenait des jeunes dans leurs recherches d'emploi.
Au Comité Français pour l'UNICEF ensuite avec une responsabilité de secrétaire du comité du Val d'Oise.
André était aussi membre du conseil de quartier de Cernay.
Dans chacun de ses engagements il donnait tout, il menait au bout toutes les missions confiées, oui, un grand bonhomme.
Un grand bonhomme et un ami, voilà ce que, aujourd'hui, nous pleurons.
Alors, à l'heure du dernier adieu nous adressons d'abord à sa famille nos plus sincères condoléances.
Tu nous as montré un chemin. Merci.

Merci de votre engagement

Curieusement, la période de rentrée est aussi celle du déclin.
Bizarre non ? Oui, c'est le déclin des saisons, c'est la froidure qui s'annonce, avec cette envie bien compréhensible de rester chez soi, bien au chaud, à l'abri de toutes agressions extérieures.
C'est l'automne et en même temps le printemps.
C'est le moment des choix pour l'année qui vient, c'est le moment des engagements auxquels nous convient les forums associatifs proposés aujourd'hui par toutes les municipalités qui ont compris qu'il était impératif de favoriser la vie associative relais essentiel de la démocratie.
C'est ce moment qu'ont choisi 16 nouvelles personnes pour nous rejoindre et ainsi mettre leurs compétences au service de la lutte contre l'illettrisme.
Merci de votre engagement,
Merci aux " anciens " d'accepter de continuer d'assumer le leur à nos côtés.
La tâche est immense, et malheureusement sans doute pas près de se réduire. Les dernières statistiques le montrent, le nombre de personnes quittant le système scolaire en situation d'échec ne faiblit pas, et ceux qui ont la chance d'entrer dans la vie active sans qualification ne sont pas mieux lotis… Et le charivari actuel, quoique très prévisible, des finances mondiales ne force guère à l'optimisme.
C'est pourtant dans ce contexte là que nous avons à agir, à notre échelle et avec nos modestes moyens. Les apprenants nous le disent : " Maintenant, je me rends seul chez le médecin ", " J'ai appris à me concentrer", " J'ai appris à me décontracter ", " Je m'exprime en société sans avoir honte ", " A Clé, on fait ensemble, avec d'autres ", " Je rencontre des gens, je sors de chez moi ", " Ça me permet de me cultiver ".
Enfin, et pour terminer, les " nouveaux " doivent savoir : ce journal est le vôtre, il vous attend pour vivre et être toujours plus en phase avec vos envies et vos attentes…
Alors n'hésitez pas,
A vos plumes,

Marc Deschamps


billet_president

C'est la rentrée !

Je voulais remercier les 26 bénévoles qui ont attiré et accueilli nos visiteurs aux Forums des Associations d'Eaubonne, Ermont et Franconville les 7 et 13-14 septembre.
Ils ont engrangé au total 45 contacts et même 14 demandes d'apprentissage, ce qui ne s'était pas produit les années précédentes. Ce fait nouveau confirme les nombreux besoins auxquels nous aurons à répondre.
16 personnes sont venues s'informer en détail de nos activités et du rôle du bénévole aux réunions des 18 et 19 septembre. A la journée de formation du 27 septembre, elles étaient 15 !
Comme nous n'avons eu connaissance que de 6 départs en ce début d'année " scolaire ", signe manifeste de l'ambiance chaleureuse qu'ont su assurer Odile et Julie, nous pourrons développer cette année notre activité après avoir fidélisé l'équipe l'an dernier.
La sortie pédestre et culturelle du 5 octobre devrait nous aider à mieux nous connaître, anciens et nouveaux, et à dynamiser cette rentrée. Nous aurons à cette occasion une pensée émue pour André qui peut être fier de cette association qu'il a fait évoluer de 2002 à 2007 grâce à son dynamisme.

Philippe Bourguignon

Bourdon bénévole

Fin Juillet alors que CLE s'apprêtait à fermer ses portes pour prendre un peu de repos, on percevait encore, en s'approchant de là, le bourdonnement besogneux et discret de notre ruche active.
L'été est passé et la ruche a repris son activité fébrile .
Alors, c'est le moment d'en ouvrir le toit pour en goûter le miel de chaque alvéole binôme et le déguster en toute intimité:
. abeille Et tous ces autres, jeunes ou moins jeunes, qui ont retrouvé confiance en eux et en la vie par la pratique de l'écrit et de l'expression orale.
Mais avant de rentrer moi-même dans la ruche, après un long vol en quête de pollen, je veux saluer d'un bourdonnement d'ailes, Odile et Julie, nos deux abeilles de cette ruche sans reines, mais toujours à l'écoute, persévérantes et tenaces et dont la gelée est royale !

Jean-Paul

Les Forums

Cette année encore on a assuré ! A Eaubonne et Franconville

forum_eaubonne forum_franconville

Et aussi à Ermont, merci encore à tous ceux qui ont pu donner quelques heures pour animer nos stands et accueillir nos visiteurs.

apprenants
Mai 2008. : une apprenante, qui désire rester anonyme, décide, au moment de son bilan de formation, d'exprimer son ressenti après quelques mois de présence à CLE.
Le document est manuscrit, un peu hésitant quant à la maîtrise du crayon et les " pleins et les déliés " de ma jeunesse, mais les fautes sont rares et les conjugaisons exactes…
Que du bonheur ! Voici ce texte, en espérant n'y déformer aucun mot.

" La première fois que je suis venue à CLE, j'étais sûre que cela n'allait me servir à rien, mais je savais qu'il fallait que je fasse quelque chose pour ce problème que je traînais depuis des années : le fardeau de ne pas savoir écrire, c'était une honte pour moi, je devais trouver plein d'astuces pour cacher le fait que je ne pouvais prendre des notes, répondre au courrier, et surtout je voulais pouvoir aider mes enfants pour leurs devoirs.
Pour toutes ces raisons j'ai décidé de franchir la porte de l'association CLE que j'avais connue lors de l'émission télé consacrée à CLE (ndlr : émission Zone Interdite de M6 consacrée à la lutte contre l'illettrisme et dont un extrait est visible à l 'association).
Malgré ma décision j'étais très angoissée et au dernier moment j'ai failli faire demi tour.
L'accueil a été banal, poli. (ndlr encore : on a du boulot ou alors y'a longtemps, mais c'est vrai que l'on y attache beaucoup de soins aujourd'hui)
J'ai rencontré le responsable avec qui j'ai fait le point, il m'a rassurée et mise en confiance.
La semaine suivante j'ai rencontré un bénévole toujours avec appréhension, là encore j'ai été rassurée et nous avons commencé un travail long : lecture, compréhension, lecture encore et encore, les sons, la rédaction, la grammaire, les conjugaisons… Pour en arriver à rédiger ce texte seule !
Merci à CLE et aux bénévoles. "
lu_pour_vous

Quand la lecture ne vient pas

Renaud a aujourd'hui presque 20 ans, il rentre cette année en Bac Pro vente.
Sa mère, Julie, nous a raconté son parcours scolaire vécu en exil de la lecture.
L'étape de la lecture, Renaud semble l'avoir loupée dès son entrée en CP.
La faute à la méthode d'apprentissage qui ne lui convenait pas ou alors au déménagement de Paris vers un village de province, ou à un rien qu'on ne décèle pas ; les explications pourraient être multiples, en fin de CP, Renaud ne lisait toujours pas. Il s'intéressait toutefois à beaucoup de choses, avait le sourire, faisait son travail, remplissait son " grand cahier " d'images et de dessins, était un fervent de la transmission orale.
Pour l'institutrice, " à un moment donné, il lira, pas cette année mais l'année prochaine ".
Peu rassurée, Julie tente bien de reprendre la méthode de lecture utilisée quelques années auparavant par sa fille aînée, mais elle sent qu'elle apporte de la confusion et se résout à la patience.
En CE1, elle est alertée par l'institutrice qui décèle chez Renaud une absence de déchiffrage.
Le fil de sa lecture tient à sa mémoire visuelle.
La classe est à double niveau et les temps autonomes à lire les consignes sont autant de temps à ne savoir que faire.
Il se met à détester les livres, les écrits et dévore les documentaires à la télé.
Sa scolarité se poursuit ainsi en primaire. Son comportement est apprécié par les autres élèves comme par les enseignants.
C'est comme si seule la lecture était restée au point mort, le reste grandit sans histoire et ses qualités relationnelles sont tout à fait remarquables.
Le premier redoublement intervient en CM2, à l'heure où le ciel de la famille s'assombrit. En 6e, cette déchirure familiale rendra indulgent le regard des enseignants sur les faibles résultats scolaires ; en 5e, il redouble à nouveau.

Et les années de collège se suivent jusqu'au brevet des collège, non obtenu puis une orientation vers un apprentissage en pâtisserie.
Durant toute ces années, Renaud grandit bien, est un élève agréable. A chaque réunion parents professeurs, Julie entend le même discours : les enseignants sont désolés de ses résultats. Sur ses bulletins, la colonne des notes est désastreuse tandis que la colonne des appréciations est élogieuse. L'histoire géographie est seule sauvée du naufrage par la curiosité et la mémoire d'éléphant de Renaud.
Pour Julie, ce qui est le plus remarquable c'est que son fils n'a jamais désarmé, n'a jamais ressenti d'acrimonie ou d'impatience. " Il a vite compris qu'il n'avait pas les mêmes atouts que les autres mais en avait d'autres, la curiosité, la rapidité de compréhension, par exemple.
Il communique bien mais pas par les mêmes biais que les autres. Pour lui, l'école n'est pas un gage de réussite dans la vie. Il vaut mieux être armé dans sa tête, savoir saisir des opportunités ". Paroles d'une mère attentive et qui n'a jamais perdu de vue les capacités de son enfant. Parole d'une mère réconfortée aujourd'hui par le parcours de son fils.
Car, l'apprentissage en pâtisserie n'a été qu'un passage, heureux au départ, puis assombri par un changement de patron qui ne porte pas le même regard sur l'apprenti.
Une année de déprime et de désœuvrement lui succède, favorisant l'éclosion de questions. Julie s'escrime à le faire scruter son avenir pour laisser émerger un but, un métier. Ce sera vendeur en prêt à porter. Avec l'accompagnement de la mission locale, Renaud obtient une formation BEP ventes. Il décroche son diplôme et se sent prêt pour poursuivre en Bac Pro. Il vient d'effectuer sa rentrée. C'est désormais un adulte qui se lance à la conquête de la lecture.

Monique Royer

Le Café pédagogique
http://www.cafepedagogique.net/communautes/
                RefusEchec/Lists/Billets/Post.aspx?ID=7

" Quand on a découvert le bonheur d'écrire, on a envie de le partager ! "


Suzie Morgenstern est auteur de nombreux livres pour adolescents. Elle a notamment publié " Ecole des loisirs " collection Medium et " L'agenda de l'apprenti écrivain " éd. de la Martinière jeunesse.
L'école française ne suffit pas toujours à développer le plaisir d'écrire ; il faut donc inventer d'autres occasions d'écriture pour les adolescents.
A quoi sert d'écrire ?

plume " Pour moi, la question ne se pose pas ainsi. J'ai toujours écrit et j'écrirai toujours. C'est un plaisir pur, sensuel, de pousser le crayon. Je viens d'une famille qui n'était pas
particulièrement littéraire, mais tellement bruyante que la seule façon de parler pour moi, c'était d'écrire ! Avant même de savoir écrire, je passais déjà des heures à calligraphier des boucles. Le plaisir de raconter des histoires et de faire passer des idées vient après. J'attache beaucoup d'importance au journal intime, et Anne Frank, justement, en est en grande partie responsable. J'ai découvert son journal quand j'étais adolescente - on n'achetait pas de livres à l'époque, on lisait ce qu'on trouvait - et cette rencontre fut extraordinaire. D'autant que je suis née en mars 1945, le mois où elle est morte ; je trouvais aussi que je lui ressemblais. Ce livre ne m'a plus jamais quittée. Je tiens mon journal depuis que j'ai 7 ans, tous les jours une page, quoi qu'il arrive, et j'en ai 63 ! Lorsque je suis arrivée en France, parce que j'étais tombée amoureuse de mon Français de mari, je possédais seulement 100 mots de français, mais je me suis mise à écrire, et ça m'a sauvé la vie...
Après sa mort, j'ai relu les pages concernant les dernières années de sa vie, et cela a été une façon de faire le deuil. "