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JOURNAL DE JUIN 2006 

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À la suite des événements de la fin de l'automne 2005, la première réponse fut, l'on s'en souvient, l'établissement de " l'état d'urgence ". puis vinrent les annonces sur les crédits débloqués afin de remédier pour partie à la difficulté d'insertion de nombreux jeunes - crédits dont peu de structures sur le territoire français ont été provisionnées - nombres d'associations se trouvent actuellement dans des difficultés financières dramatiques.
Cependant, les discours et les promesses continuent d'être à l'œuvre. Nous voyons et nous entendons ici et là parler de l'exclusion sociale, en des termes remplis d'émotion, argumentant que face à cette injustice flagrante tous les moyens doivent être mis en œuvre. Le consensus est total, mais, comme celle d'Harpagon, la cassette demeure fermée et inaccessible. Mieux, des subventions existantes sont déjà supprimées.
Alors, on s'est tourné vers les associations pour leur demander de prendre en compte au maximum toutes les demandes d'aides en provenance de personnes en situation d'exclusion. .

 


Pour répondre aux diverses sollicitations dont nous avons été l'objet, C.L.E a étendu son action :

  • Par l'organisation de " face à face " pédagogiques à St Prix et à Franconville,
  • Par une présence et un accueil à Franconville, dans des quartiers parfois sensibles,
  • Par la mise en place d'une action d'aide à la rédaction, à Eaubonne, à la M.J.D d'Ermont et dans nos locaux, mission antérieurement effectuée par le point emploi d'Ermont.
Toutes ces actions ont eu un coût qu'il a fallu avancer, au risque de mettre en péril notre budget de fonctionnement et, si l'on n'y prenait pas garde, la pérennité de notre association.
Nous avons été amenés à utiliser un contrat précaire, entrant de ce fait dans un système pervers où une association devant aider à l'insertion socioprofessionnelle crée elle-même de la précarité. Les menaces qui pèsent sur toutes les associations d'insertion ne permettent pas à leurs acteurs d'œuvrer dans les meilleures conditions et avec la sérénité nécessaire pour l'accueil des personnes en situation d'exclusion, donc fragilisées.
Restons cependant optimistes, nul doute qu'un véritable soutien, efficace, rapide, précis, interviendra rapidement, les décideurs, nous le croyons, en ont la volonté.
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Marc DESCHAMPS - Daniel LE COQ

 

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UN TRAVAILLEUR FRANCILIEN SUR DIX SOUS LE SEUIL DE PAUVRETE


Le seuil de pauvreté retenu pour cette étude a été fixé à 60 % du niveau de vie médian en Île-de-France, conformément aux préconisations de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, soit, en 2001, un revenu disponible de 885 euros pour un adulte seul, 1 328 euros pour un couple sans enfant et 1 859 euros pour un couple avec deux enfants. Le choix d'un calcul à 50 % du niveau de vie médian francilien aurait réduit de moitié le nombre de ces travailleurs pauvres, estimé à 500 000 personnes.
Désormais, le phénomène des "travailleurs pauvres" fait l'objet d'une nouvelle étude, publiée en avril 2006 par l'INSEE, selon laquelle, en 2001, près d'un travailleur francilien sur dix (9,7 %) vivait dans un ménage dont le niveau de vie était inférieur au seuil de pauvreté régional.
Réalisée par l'INSEE d'Île-de-France en partenariat avec le Secours catholique et la Mission d'information sur la pauvreté et l'exclusion sociale en Île-de-France (MIPES), cette étude met en évidence deux facteurs professionnels favorisant cette situation : la précarité de l'emploi, qui expose surtout les jeunes travailleurs, et le faible niveau de diplôme, qui touche en particulier les travailleurs immigrés.
Sur le premier point, le risque de pauvreté est plus élevé pour les travailleurs ayant connu des périodes de chômage ou d'inactivité, une situation qui concerne davantage les moins de 25 ans, et le plus souvent embauchés en contrat à durée limitée (CDD).
Les travailleurs indépendants sont aussi surreprésentés au sein des travailleurs pauvres, selon cette étude.
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Quant à la qualification, elle joue un rôle essentiel dans cette vulnérabilité puisque 42 % des travailleurs pauvres n'ont aucun diplôme ou seulement le certificat d'études primaires, précise cette analyse, publiée dans le numéro 266 de la publication régionale de l'INSEE.
Relativement nombreux en Île-de-France, les travailleurs immigrés constituent de ce fait "une population particulièrement exposée à la pauvreté", poursuit l'Institut de la statistique et des études économiques, car "ils sont trois fois plus fréquemment sans diplôme que les non-immigrés et occupent plus souvent des emplois de manoeuvre et d'ouvrier".
Le sous-emploi accroît fortement le risque de pauvreté pour les salariés à temps partiel subi, que l'on rencontre essentiellement, selon l'INSEE, dans les services aux particuliers. Il s'agit alors de femmes, à 71 %, alors qu'elles ne représentent que 45 % des travailleurs pauvres.
Les charges de famille, augmentent aussi le risque de pauvreté : il s'échelonne en effet de 7 % pour les travailleurs vivant dans un ménage sans enfant à 25 % pour ceux dont la famille compte au moins trois enfants mineurs.
Cette vulnérabilité atteint même 30 % pour ceux dont le conjoint est inactif ou chômeur, avec des enfants à charge. Les familles monoparentales, enfin, essentiellement dirigées par des femmes, sont également très touchées.

 

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COMMENT MESURE-T-ON L'ILLETTRISME 
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" Pour mesurer l'illettrisme, il faut avant tout définir les différentes formes que revêt le phénomène. L'absence d'une véritable définition ne facilite aucunement la réalisation d'un travail d'évaluation. L'une des principales difficultés de la lutte contre l'illettrisme est d'identifier les personnes concernées.
L'évaluation de l'illettrisme ou du nombre de personnes pouvant être considérées en situation d'illettrisme est donc très difficile à appréhender. Les enquêtes déclaratives de par leur définition sont les plus sujettes à caution à l'inverse des informations obtenues à partir des enquêtes utilisant des épreuves proposées aux personnes issues d'un l'échantillon représentatif qui sont de bien meilleure qualité.
Trois enquêtes récentes réalisées en France ont fourni des informations utiles à la mesure du phénomène :
Celle par l'INSEE avec la participation de l'ANLCI. les tests des Journées d'appel de préparation à la défense (JAPD) traités par le Ministère de la Défense et la Direction de l'évaluation et de la prospective du Ministère de l'Éducation nationale et l'enquête PISA (Projet International pour Suivi des Acquis des élèves) commanditée par l'OCDE et menée en France par la DEP (Direction de l'évaluation et de la programmation).
L'enquête IVQ (Information et vie quotidienne) :
Le public visé concernait des adultes de 18 à 65 ans résidants en France métropolitaine (français et étrangers). Cette enquête fut réalisée en deux temps : une enquête méthodologique fin 2002 et une enquête principale d'octobre 2004 à janvier 2005. Elle portait sur trois régions : Nord Pas de Calais, Pays de la Loire, Aquitaine avec une extension dans le département de la Martinique.
Cette enquête se fondait sur des tests explorant les compétences de compréhension orale, de production de mots de lecture (de la reconnaissance de mots à la compréhension de textes). Étude individuelle assistée par ordinateur au domicile des répondants. L'échantillon était de 2000 personnes en 2002 et de 10000 en 2004/2005
La définition opérationnelle de l'illettrisme utilisée dans IVQ était la suivante : " L'illettrisme caractérise la situation face à l'écrit des personnes qui, bien qu'ayant suivi une scolarité en français pendant au moins cinq années, ne parviennent pas, seules et avec le seul recours de l'écrit, à comprendre efficacement un texte écrit portant sur des situations de la vie quotidienne, et/ou ne parviennent pas à transmettre efficacement un message par écrit ".
Il résulte de cette enquête que 7% éprouvent de graves difficultés faces à l'écrit, 5% des difficultés moins importantes, mais suffisamment fortes pour rendre difficile une communication vraiment efficace et 7% ont quelques lacunes et ne maîtrisent pas parfaitement les domaines fondamentaux de l'écrit.

 

Tests des JAPD (Journées d'appel de préparation à la défense)
Public visé concerne essentiellement les jeunes âgés de 17 à 19 ans français résidants sur le territoire national. L'enquête est annuelle depuis 1998 pour les garçons et depuis 2000 pour les filles. Il a été effectué un changement de protocole d'évaluation en 2003 rendant la comparaison avec les années précédentes problématique.
L'enquête se déroule dans toutes les régions métropolitaines et d'outre-mer. Les résultats nationaux sont donnés à partir des épreuves passées en métropole. Plus de 650 000 jeunes sont testés chaque année, les chiffres proviennent parfois d'échantillons représentatifs de cette population. L'étude se fait par une épreuve collective, papier crayon, en temps limité qui explore la lecture à l'aide de tests (de la reconnaissance de mots à la compréhension de petits textes).
Ces enquêtes régulières ont donné le résultat suivant :
4,6% des jeunes présents aux JAPD sont repérés en situation d'illettrisme (ou en grave difficulté de lecture), 6,3% des garçons et 2,8 % des filles.
L'enquête PISA (Projet International pour Suivi des Acquis des élèves)
Concerne les élèves de 15 ans français ou étrangers scolarisés en France et dans plus d'une trentaine de pays.
C'est une série de 3 enquêtes ayant chacune avec une dominante particulière : sur l'année 2000 était étudié la maîtrise de l'écrit (littérisme), sur l'année 2003 les mathématiques et sur l'année 2006 les Sciences.
Ces enquêtes se sont déroulées dans les établissements scolaires, lors d'épreuves collectives (papier crayon) avec des épreuves similaires dans tous les pays. Elles avaient pour but d'explorer plutôt des degrés élevés de compétence face à l'écrit (du prélèvement d'information simple à l'inférence), une partie des questions faisaient appel à des réponses écrites.
Les enquêtes portaient sur un échantillon représentatif d'élèves de 15 ans soit : 4700 individus.
Dans ce cadre bien spécifique, on ne saurait parler d'illettrisme au sens strict pour ces élèves puisqu'ils sont encore scolarisés. L'OCDE qui à publié des chiffres concernant les élèves qui n'atteignent pas le premier niveau défini dans l'enquête démontrait que ces élèves pouvaient être considérés dans une situation pouvant mener à l'illettrisme.
Dans le cadre de ce projet PISA était aussi étudier le niveau de littérisme " capacité de comprendre, d'utiliser et d'analyser des textes écrits, afin de pouvoir réaliser ses objectifs, développer ses connaissances et son potentiel et jouer un rôle actif dans la société. "
Il est ressorti de l'enquête PISA 2000 que 4 % des élèves âgés de 15 ans éprouveraient de sérieuses difficultés à comprendre un texte court. En moyenne dans les pays de l'OCDE on relève 6% des élèves dans cette situation. 11% ne maîtriseraient pas l'ensemble des compétences de base en lecture.

 

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LE PLAISIR, LA TRISTESSE, L'ESPOIR, LA JOIE, TOUTES CES ÉMOTIONS QUE L'ON PEUT ENFIN EXPRIMER PAR ÉCRIT SONT LA RÉCOMPENSE DU TRAVAIL RÉALISÉ AVEC NOS BÉNÉVOLES-FORMATEURS

C'est une histoire de temps
Le temps, quand on n'a pas le temps, on se dit, quand j'aurais le temps, ou, si j'avais le temps, mais si on veut avoir temps, on pourrait trouver le temps.
 

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C'est pour cela que je me réserve ce temps qui est le mien, surtout que j'ai attendu longtemps, ce temps, et maintenant que je peux prendre mon temps, je me dis : c'est bon de prendre son temps, de pouvoir passer ce temps, de voir passer le temps.
Très important, le temps, celui que j'emploie tous les lundis à C.L.E. avec Bernadette, à qui je remercie tout le temps, et… ce ne sera jamais suffisant ; c'est grâce à elle que je peux vous raconter toutes ces bêtises et que j'espère, elle aimera savoir que je n'ai pas perdu mon temps ni le sien.
En tous les cas, je vous conseille de ne pas perdre votre temps… ni le présent, ni le futur, il serait temps !

(les textes sont imprimés tels qu'ils ont été écrits par les apprenants)

Marie M

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LIVRE SUR L'ILLETTRISME.

ILLETTRISME, LA FRANCE CACHEE



Linguiste, Jean-Philippe Rivière travaille depuis de nombreuses années à l'évaluation de l'illettrisme auprès des jeunes comme auprès des bénéficiaires du RMI ou des détenus.
Conseiller technique pour la " construction-lecture " au service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, il participe également aux travaux de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (ANLCI) .
Il nous décrit dans ce livre, préfacé par Alain Bentolila (professeur de linguistique à la Sorbonne et conseiller scientifique de l'Observatoire national de a lecture) le ghetto de la pauvreté linguistique, de l'enfermement dans la frustration et du repliement sur soi. Il pose la question fondamentale de l'accession à la liberté et à l'épanouissement qu'offre le savoir-lire.

Série " Le Monde Actuel "
Collection Folio/Actuel
Édition Gallimard
ISBN 2-07-041486-8

 

illettrisme

 

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JOURNEE DE FORMATION POUR LES FORMATEURS BENEVOLES

Le samedi 24 juin 2006 de 9h à 12h et de 14h à 17h aura lieu une journée de formation, dispensée par Madame MAMMAR. Nous étudierons lors de cette journée des cas pratiques de découverte de texte par des adultes en situation d'illettrisme.  

conferencier