10 ans, numéro spécial de notre journal !Ca valait bien un petit effort de tous, et certains l'ont fait… et je les en remercie très chaleureusement. Effort en effet, car, et Yves Théry nous le dit très bien : " je m'aperçois combien c'est difficile d'ECRIRE ". Oui, ce n'est pas si simple, et c'est pourtant ce que nous demandons à nos apprenants, c'est pour cela qu'ils viennent nous demander de l'aide. Ce journal est entièrement fait des contributions de certains d'entre vous, de vos expériences, de vos souhaits, de vos remerciements aussi : remerciements à l'association, remerciements aux autres bénévoles, aux salariés qui se sont succédés à votre service et au service des apprenants, remerciements enfin aux apprenants eux-mêmes car grâce à eux, à leur fidélité et leur détermination à vouloir progresser, ils nous encouragent à plus d'écoute et plus d'engagement. Journal de remerciement !Merci à la Communauté d'Agglomération pour son soutien et le sérieux avec lequel elle nous accompagne. Merci à son président, Hugues Portelli, merci à son vice président, Gérard Brunaud et à Betsy Van Eeckhoudt membres tous deux du conseil d'administration, merci autres membres du CA : André Kergoat, ancien président, à Philippe Bourguignon, notre actuel président, à Brigitte Geissler, trésorière, et à Evelyne Brunier, Odette Dab et Michel Le Lannou. Merci également à ceux qui les ont précédés : Pierre Tellier, Jean Mazéas, Valère Corvisy, et tous les autres… Merci aux salariés que j'ai connu depuis 2002, année où j'ai rejoint notre association : Eric Bertrand, Daniel Lecoq, Odile Delacroix, Nadine Doré, Michel Lagneau, Isabelle Grelier et plus récemment Julie Daouphars. |
Journal aussi pour envisager l'avenir !Que nous manque-t'il ? Peut-être un peu plus de volonté à faire équipe, à développer un esprit associatif… être davantage présent à d'autres moments qu'aux seuls temps de rencontre avec les apprenants… à participer plus massivement aux invitations à se former, à échanger nos expériences… à prendre toute la part possible dans la vie de l'association. Nombreux sont ceux qui ont des idées, j'en suis sûr, alors partageons-les ! En effet, depuis 2003, notre nouvelle organisation permet aux bénévoles qui le souhaitent d'être membres de l'association en adhérant à celle-ci par le paiement de la cotisation annuelle (qu'il conviendra encore de régler en 2008). Cet acte donne ainsi droit à participer aux travaux de l'assemblée générale et du coup ouvre la possibilité de devenir membre du Conseil d'Administration. Cette adhésion deviendra automatique à compter de 2009, dès lors que l'assemblée générale extraordinaire, qui sera convoquée au 1er semestre 2008, aura validée la proposition de modification des statuts que nous proposerons. Ces statuts modifiés stipuleront que l'adhésion sera matérialisée par la signature de la Charte du bénévole.
Et puis, autre challenge, nous développer encore, communiquer, faire connaître les besoins… Savez-vous que les apprenants en attente de bénévoles sont presque aussi nombreux
que ceux pris actuellement en charge ? Vous avez fait, au cours de ces années, et vous continuez de faire, un excellent boulot. C'est bien de l'entendre dire, et on nous le dit… souvent. Alors on continue ? Bravo à vous tous Marc Deschamps |
Cécile témoigne…J'ai commencé à C.L.E. dès le début avec M. Roland DARTIGEAS. Je ne savais pas si j'étais capable d'aider les personnes qui me seraient confiées. M. DARTIGEAS m'a dit, il faut essayer.C'est avec satisfaction que je me suis rendu compte que tout peut se faire, avec patience, idées et surtout respect de l'apprenant. Je leur ai apporté la confiance dans leur travail, ils le comprenaient et voulaient arriver à tout prix pour faire un métier dont ils seraient fiers. Après une absence forcée de quelques mois, c'est avec un grand plaisir que je reviens à " C.L E. " où je pense être utile. Je ne regrette qu'une chose : de ne pas revoir ces personnes que j'ai aidées et surtout savoir si elles ont obtenu les résultats escomptés avec une grande satisfaction. Cécile DOUIN |
NAISSANCE DE C.L.EDès mon arrivée à la commune d'Ermont en mars 1997, M. PORTELLI m'a mandaté afin de réfléchir à la mise en place d'un service ou de dispositifs permettant de mieux appréhender l'illettrisme. J'ai donc eu toute la latitude possible pour travailler sur cette problématique qui je le rappelle touche plus de 10% de la population françaises. Lors de mes démarches administratives auprès de l'Etat, du Département et de la Région, force à été de constater qu'il fallait créer non pas un service mais une association qui permettait ainsi de débloquer des cofinancements y compris à l'échelle de l'Europe. Accompagné de M. Pierre FRANCOIS, conseiller municipal, nous avons préalablement procédé à un état des lieux en associant les différents services municipaux tel que l'état civil, le CCAS, les centres socioculturels etc. qui sont des services qui accueillent du public et qui en l'occurrence peuvent constituer des relais pour repérer une personne en difficulté pouvant relever de l'illettrisme. Des outils ont donc été élaborés notamment une fiche permettant de repérer si une personne rencontre des difficultés avec l'écrit et la compréhension de documents administratifs. Une présentation du projet a ensuite été faite en mairie avec l'ensemble des services municipaux ainsi que l'ANPE, la mission locale et la CPAM pour leur présenter notre démarche afin de les sensibiliser au repérage de publics en difficulté avec les acquis de savoirs dits de base en lecture, écriture et calcul. Tous les partenaires municipaux, associatifs et institutionnels se sont investis sur ce projet, ce qui a rapidement permis la mise en place d'une équipe pédagogique, essentiellement composée de bénévoles-formateurs. En effet, l'idée de départ qui continue aujourd'hui son chemin était de recruter un directeur pour piloter les ateliers de suivi individualisé des apprenants relevant de l'illettrisme et de procéder au recrutement de bénévoles qui ensuite font l'objet de formations spécifiques. J'ai donc rédigé un dossier qui présentait le fonctionnement de l'association CLE, dite Compter, Lire et Ecrire qui a ensuite permis la rédaction d'un guide référentiel et la création de livret pour chaque apprenant permettant ainsi de suivre leur parcours de formation individualisé et d'évaluer leurs acquis en continu. Malika SMAÏLI |
Citoyenne ermontoise1997 : Encore en activité, j'emménage à Ermont et je suis bien décidée à devenir " citoyenne Ermontoise " en m'impliquant davantage dans des associations (j'aurai plus de temps disponible à la retraite) particulièrement dans celles où mon expérience professionnelle pourra servir à d'autres. C'est ainsi que j'ai adhéré à CLE. Je me souviens de ma première " apprenante " remise à niveau. J'étais très angoissée et il faut le dire un peu paniquée. J'avais peur de ne pas savoir faire. Tout s'est très bien passé… Mais ce fut ma première déception, car au bout de 6 mois elle n'est plus revenue. Qu'avais-je fais de mal ? Je me suis remise en question. Au bout de presque 10 ans d'expérience de face à face avec de nombreux apprenants je peux en tirer certaines conclusions et savoir-faire :
Pour toutes ces raisons CLE est, pour moi, unique en son genre par son originalité. J'espère qu'elle se développera car elle répond à des besoins tangibles et de plus en plus demandés. Elle est vraiment d'utilité publique. Odette DAB |
S'engager dans le bénévolatMa mise en inactivité m'a donné l'occasion de réfléchir à un nouveau projet pour la libre activité et plus particulièrement à un projet de vie sociale.Il m'est apparu indispensable pour éviter l'isolement et le repli sur soi de maintenir et de développer un réseau social relationnel actif. J'ai donc fait le choix d'être bénévole dans deux associations : Les missions locales de Cergy et de la vallée de Montmorency et L'association CLE,, dont les missions principales concernent l'accompagnement des personnes en difficulté d'insertion sociale et professionnelle. Je trouve dans ces deux associations les réelles motivations nécessaires à mon engagement.
A L'ASSOCIATION CLE, le public accueilli en majorité occupe des emplois peu qualifiés avec des statuts précaires et ayant souvent vécu leur scolarité en situation d'échec dans l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Notre travail consiste à leur faire comprendre qu'ils savent beaucoup de choses et ce qui leur manque est la capacité de faire des liens pour progresser. Ici aussi la création d'une relation inter personnelle est nécessaire pour faciliter la mise en confiance et l'épanouissement. Ces personnes sont pour certaines d'entre elles en " souffrance ". La méthode que j'ai adoptée, après une formation préalable indispensable à cette action, consiste à ne pas reproduire le système scolaire qu'ils ont rejeté. L'apprentissage se fait étape par étape en définissant avec l'apprenant un projet et des objectifs intermédiaires. La progression est souvent longue et peu visible, il y a lieu de proposer des situations diversifiées pour leur donner la possibilité de construire leur propre sens. Ici aussi des résultats encourageants ont été obtenus. La difficulté est surtout la fidélisation et le suivi de l'apprenant. Apres avoir accompagné une douzaine d'apprenants, j'ai pris la responsabilité de l'association CLE pendant cinq années. |
Pendant cette étape de mon bénévolat, j'ai vécu des évènements plus ou moins difficiles à gérer et acquis des compétences dans les domaines de la gestion des salariés en
contrat d'insertion pour certains et des bénévoles. Le cœur du fonctionnement de CLE est la gestion des relations humaines d'une part et la recherche de financements d'autre part. Il fallu dépenser beaucoup d'énergie pour régler certains conflits et obtenir les moyens financiers nécessaires. J'ai retenu que communiquer c'est transmettre de l'information avec des relations humaines. Ce témoignage me donne l'occasion de remercier le bureau de l'association et plus particulièrement son secrétaire qui a été un collaborateur fidèle, les élus de Val et Foret qui ont soutenu nos actions, le service politique de la ville d'ERMONT pour son appui, les salariés, les bénévoles sans qui CLE ne pourrait exister et les partenaires. Cet ensemble parfois fragile a cependant permis à CLE de se professionnaliser et de se développer. L'association est reconnue sur le territoire de Val et Forêt et a reçu l'agrément du Fond Social Européen. Pour conclure, il me paraît essentiel, afin de réussir pleinement l'action entreprise, de trouver une part de plaisir.
André KergoatAncien président de CLE |
Un vieux de la vieilleOn en cherchait un pour donner un témoignage des dix premières années de CLE. On en a trouvé un. C'est l'essentiel. Peut-être aurait-on pu en dénicher un autre ? Je ne sais s'il en reste beaucoup de ces ouvriers de la première heure...Raconter cette période, je laisse la tâche à d'autres car je m'aperçois combien c'est difficile d'ECRIRE, surtout quand il s'agit d'histoire. Peut-être que la rédaction des mémoires de CLE pourraient faire l'objet d'un travail collectif ? Mais simplement témoigner en tant que bénévole, je le fais volontiers. Durant ces dix ans, grâce aux chargés de mission, puis aux responsables de structure, qui se sont succédés, différents mais toujours passionnés par leur travail, CLE a rempli sa mission consistant à mettre face à face bénévoles et apprenants, acteurs à différents titres dans la lutte contre l'illettrisme.
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L'intuition qui m'a amené à CLE, dans ses débuts, ne m'a pas trompé : c'est toujours la même satisfaction de se retrouver dans ce face à face au rythme des semaines, car on y
découvre la joie de donner quelque chose et on reçoit beaucoup en échange. Avaient-ils prévu cela, ceux qui à Ermont sont à l'origine de CLE, Pierre François qui est honoré par une plaque commémorative visible dans nos locaux ou d'autres édiles qui n'y sont pas mentionnés ? Le mot même de bénévole, d'origine latine (bene volens), signifie : qui veut bien. Dans toute action dite de bénévolat, il signifie : être disponible, se mettre au service de... Voilà ce que CLE nous propose : être disponible en rencontrant la personne venant de là ou d'ailleurs, passée par des chemins divers et échouée là, peut être en dernier recours. Comment gérer cette rencontre ? D'expérience personnelle je dirai que au plan apprentissage, il y a questionnement sur le " comment faire ", mais on peut y répondre en consultant le ou la chargé(e) de mission. Je crois pouvoir dire que l'essentiel est ailleurs : dans la relation qui s'installe entre deux personnes, dans l'empathie et le respect mutuels qu'il y a entre eux. On ne connaît pas vraiment l'autre ni ses possibilités : mais ce qui est sûr, c'est qu'on peut l'aider à développer son potentiel grâce à la qualité de la relation avec lui. En dix ans, beaucoup de rencontres s'opèrent, je voudrais avoir gardé meilleure mémoire de tout, mais je ne donnerai que des impressions d'ensemble : par exemple une profonde admiration pour la plupart des apprenants qui viennent en confiance et sont en général ponctuels aux rendez-vous, vraiment " demandeurs ", et bien souvent ont une réelle volonté de progresser dans les apprentissages de base. C'était Linda, dans les premières années de CLE, du temps de Roland : elle était l'exemple parfait de l'apprenante qui en veut, et toujours heureuse de vivre. Elle avait pour son proche avenir le projet de monter une Maison de Retraite. A l'époque cela m'a paru le comble de la confiance ! Elle a d'ailleurs eu les honneurs de la presse locale ! Depuis dix ans CLE continue à répondre à sa vocation, œuvrer pour que des hommes et femmes échappent à la marginalisation par l'illettrisme, situation que la simple humanité ne peut accepter. CLE nous invite au partage. Yves Théry |
B, P, C …
Quelle expérience que de ré-apprendre le Code de la route avec les yeux de B qui a été piéton pendant prés de 60 ans . |
Sept ans de souvenirs à CLE
Être bénévole à CLE n'a pas été chose facile ! Après un premier contact, en septembre 2000, avec le responsable et après deux semaines d'attente, j'ai fait plusieurs relances pour avoir enfin des apprenants. Méthode spéciale pour éliminer les velléitaires ? Difficultés pour assortir bénévole et apprenants ? Je ne sais pas trop, mais j'étais incorporé dans l'équipe de CLE. J'ai d'abord eu en charge un groupe de quatre FLE d'origines totalement différentes (Russie, Thaïlande, Égypte, Turquie) ce qui donnait des échanges très intéressants entre apprenants (et avec moi) et une dynamique de groupe formidable. |
J'ai ensuite travaillé avec une analphabète (cas exceptionnel) pendant six mois. Travail très difficile et n'entrant pas dans nos priorités, vite abandonné et transféré à une
spécialiste. Des cours de " Théâtre " avaient lieu à la bibliothèque d'Ermont sous la direction d'Hélène Toutain, qui a été obligée d'arrêter. Une bénévole, Rosa, a repris le flambeau pendant un an, et j'ai eu la chance de l'assister pendant ce temps. Expérience très enrichissante pour les apprenants qui " s'ouvraient " peu à peu, et pour nous, bénévoles, qui les voyions progressivement pouvoir parler avec leur corps. Ce travail a été repris sous des noms différents par la promotrice et professionnelle Hélène qui fait un travail remarquable. L'initiation à l'informatique, commencée en septembre 2003, m'a permis de démystifier l'ordinateur auprès de 70 apprenants, et de les aider à aborder ce monde étrange : l'informatique. Plus récente activité, les visites guidées au Louvre que trois d'entre nous ont organisées. Elles ont permis de faire découvrir à des personnes " exclues " de la culture, un monde nouveau et " féerique ". L'enthousiasme qu'elles exprimaient dans le train, au retour, a été pour nous " guides relais " la plus belle des récompenses. Je ne sais pas si j'ai pu apporter quelque chose à tous les apprenants que j'ai côtoyé, par contre, j'ai appris beaucoup à leur contact, et ils m'ont obligé à repenser des évidences qui ne le sont pas pour tous. Philippe Leclère |
Rencontres à forte densité humaineLorsque je porte un regard sur ces dix années passées à Clé, au-delà des réussites et d'autres bilans plus modestes, la première impression qui me vient à l'esprit est celle de rencontres à forte densité humaine. Cela tient tout autant au public accueilli, dans sa diversité et sa soif d'apprendre, qu'aux bénévoles qui, par leur enthousiasme, ont su donner le souffle nécessaire à cette entreprise. Cela tient aussi, pour moi, à l'état d'esprit de Clé, tel qu'il a été voulu par ses fondateurs et entretenu par leurs successeurs, celui d'une démarche libérée des conventions ou " pesanteurs " académiques, condition indispensable pour apporter des réponses adaptées aux demandes de nos apprenants.Philippe Rouquier |
Parcours initiatique…...et concluant Quand, au forum des associations d'Ermont, en septembre 2004, je me suis présenté au stand de CLE, c'est un parcours initiatique que je me suis vu proposer : assister pendant 3 mois à des journées de formation par un professionnel de l'illettrisme et à des soirées d'analyse de la pratique où des anciens nous expliquaient leurs méthodes et les impasses à éviter.Au bout de ces 3 mois, je frappais à la porte du responsable de structure pour commencer l'aventure du travail en binôme. J'ai d'abord dû l'assurer de ma présence 4 heures chaque semaine pour signer la charte m'engageant à l'égard de CLE, et me voir proposer un apprenant. La jeune femme que je vis pour la première fois se présenta avec le Bled pour que défriche avec elle la moitié restante de cette grammaire que le précédent bénévole lui avait prescrite. J'avoue que ce fut gratifiant pour nous deux de voir les fautes de grammaire et d'orthographe s'estomper, de lire une annonce qu'elle avait rédigée elle-même, et de l'aider à améliorer une rédaction qu'elle renvoyait au CNED pour préparer un examen d'aide-soignante. Depuis, CLE a assoupli ses exigences en matière de délai et de formation préalable au démarrage d'un binôme. Un bénévole peut également limiter son engagement à deux heures par semaine. Les bénévoles peuvent aussi participer à des formes d'actions collectives : l' " Atelier " du mardi ou les sorties au Louvre. Philippe Bourguignon |
" ECRIVAIN PUBLIC "Au début, un petit nombre de personnes sont venues : faire un courrier, remplir un dossier, puis le " bouche à oreilles " fonctionnant bien, ce nombre a grossi et pour des motifs de plus en plus variés.Mais qui sont donc ces personnes, et pourquoi viennent- elles nous voir ? Il y a celles, timides, qui n'osent pas avouer leur " manque " de savoir mettre en forme un courrier. Il y a celles, autoritaires, qui voudraient passer avant tout le monde, qui n'admettent pas que l'on puisse leur proposer un rendez vous quelques jours plus tard, et que quelquefois, on voudrait bien repousser.
Il y a encore celles qui sont désemparées et qui ne savent pas quoi faire pour dénouer une situation difficile. Et puis il y a aussi, ces personnes seules, souvent âgées, qui sont contentes du service que l'on a rendu, et qui reviennent, sous le moindre prétexte, car elles ont besoin de parler et surtout d'être écoutées ; il faut alors savoir écouter, compatir, conseiller, tout en gardant du temps pour d'autres dossiers. Il suffit parfois de quelques minutes pour leur dire que cette lettre ne nécessite pas de réponse, ou qu'il ne s'agit que d'une publicité. Il est aussi nécessaire parfois de diriger nos " clients ", vers d'autres administrations ou services, car quand ils ont connu notre association, ils ont tendance à venir pour tous leurs problèmes, même ceux qui ne sont pas de notre ressort. Voilà un petit résumé de nos tâches ; celles-ci se montrent souvent utiles et avec un minimum d'organisation et de tri, on peut arriver à les assumer, ceci dans la bonne entente qui règne dans l'association et dans l'entraide qui s'est installée. Danielle RascleNDLR : dans sa mission " d'aide à la rédaction ", CLE a accueilli, en 2006, 366 personnes pour un nombre total de rendez-vous proche de 500. |
Le temps de rêver" Apprendre à communiquer au quotidienDébut 2006, l'éducatrice responsable du groupe des 18/20 ans au sein de l'IMPRO (Institut Médico Professionnel) " Les Sources " a sollicité l'association C.L.E. pour développer un projet d'écriture au bénéfice des jeunes adultes de l'Institut. Ces jeunes gens sont caractérisés par des déficiences intellectuelles associées à certaines formes de handicap mental. Ces situations stigmatisantes les ont le plus souvent empêchés d'acquérir au cours de leur parcours scolaire une autonomie suffisante en lecture/écriture pour faire face à tous les écrits de la vie quotidienne, pour leur permettre de s'insérer socialement et professionnellement à l'aube de leur vie d'adulte. Acquérir les compétences nécessaires pour communiquer aisément, à l'écrit comme à l'oral, dans tous les actes de la vie quotidienne, pour accéder à une citoyenneté active.
Ce projet, à caractère innovant, avait pour objectif de réaliser un recueil à partir de textes d'expression personnelle. Il a permis à 19 jeunes de s'exprimer, guidé dans ce travail par Daniel LE COQ puis Odile DELACROIX. Le recueil, maintenant achevé, s'intitule " Le temps de rêver " il se compose de 17 textes. |
RECOMPENSE GOURMANDEMe voilà sollicitée pour apporter ma contribution à l'édition spéciale de " La Clé de l'info " pour les 10 ans de l'association et je me trouve en difficulté face à la page blanche : pas facile d'écrire, encore moins d'exprimer ses ressentis !Je me suis engagée à Clé à l'automne 2004 pour l'aspect "utile" de la mission de l'association : rendre service à des personnes qui n'ont pas la chance d'être autonome en lecture /compréhension d'informations écrites - situation indigne et inacceptable au XXIème siècle ! - , essayer de transmettre et partager un peu des savoirs que moi-même j'avais eu la chance de recevoir. L'envie de transmettre ne m'a pas évité le doute sur mes capacités à savoir "bien" faire. Et j'ai beaucoup apprécié le sérieux de l'association qui propose et assure la formation des bénévoles. Puis, rapidement, les craintes, la recherche du bien faire ont été compensés par une dimension que j'avais sous-estimée : dans le binôme, s'instaure une relation d'échange où on reçoit largement autant qu'on donne ! J'ai eu en 2 ans l'opportunité d'accompagner 4 personnes. Parfois, je finissais une rencontre en m'interrogeant intérieurement : " Quels apprentissages ou progrès ai-je permis aujourd'hui ? " Je trouvais généralement la réponse dans le sourire que l'apprenant m'adressait en partant… surtout quand ce sourire émanait d'une personne qui était arrivée accablée par le souvenir des atrocités qu'elle avait eu à vivre et par sa situation devenue plus que précaire, alors j'étais rassurée, je savais que je lui avais procurée au moins 2 heures de paix. J'ai été comblée quelques mois plus tard, quand cette apprenante est repassée à l'association pour faire savoir qu'elle avait pu intégrer et réussir la formation qualifiante qu'elle visait, d'employée familiale polyvalente. Voilà bientôt un an que les responsabilités liées à l'organisation des actions de formation ne me permettent plus de dégager " 2 heures par semaine " pour accompagner de façon privilégiée une personne. Il m'arrive de le regretter. Mais ce sont d'autres interrogations et d'autres joies qui me sont données à vivre : faciliter l'œuvre de toute une équipe de bénévoles pour répondre au plus juste au plus grand nombre de demandes ou animer le groupe des jeunes de l'IMPRO, Daniel Le COQ m'avait présenté cette action comme étant une "récompense gourmande" de fin de semaine, il avait bien raison ! Odile Delacroix ,lundi 3 décembre 2007 |
Depuis quelques temps je souhaitais m'investir dans un projet associatif…Cependant les horaires de permanence ne correspondaient pas à mes heures de temps libre.L'association C.L.E, en proposant des plages horaires en fin de journée, s'inscrit dans ma démarche. Outre ces raisons matérielles, c'est aussi l'esprit et l'objectif de cette association qui correspondent en tous points à mes aspirations, puisque ce qui m'intéresse vraiment c'est de pouvoir transmettre un savoir, une expérience et surtout de susciter l'intérêt et la motivation auprès des autres. Enfin, l'illettrisme est un problème trop souvent évoqué dans notre actualité qu'il est important d'enrayer car trop handicapant et humiliant. Je pense que la diversité des méthodes ainsi que les objectifs de CLE apportent une vraie solution à ce malaise social. Magali Picot |
Vous avez dit :
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Et le bilan est toujours positif,
car plus on donne, plus on reçoit. J'ai donc connu CLE grâce à l'association d'EDF, " Les retraités dans la société " dont la mission est d'orienter les jeunes retraités vers des associations proches de leur domicile, et auquel EDF apporte un soutien financier. Les présentations ont donc été faites auprès d'André et de Daniel Le Cocq il y a un peu plus de trois ans et demi maintenant, le courant est très vite passé et Daniel m'a confié un apprenant quelques semaines plus tard.. Et il a fallu se lancer, sans filets avec beaucoup d'inquiétude, de doutes, de remises en cause, de recherche sur la meilleure approche possible, et puis une sorte de quiétude au fur et à mesure que nous apprenions à nous connaître et à nous apprivoiser. A chaque fois, avec chaque nouvel apprenant ce fut le même cycle et la même quiétude. Et si c'était à refaire ? ....Je le referai ! Brigitte Geissler |
Partenaires, donc efficacesA notre époque, où la communication est essentielle, quelle pire situation que de ne pas pouvoir lire ou écrire, voire compter ? L'illettrisme est un handicap majeur pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes concernées. Il est impératif de les aider à en sortir.C'est dans ce but - et dans le cadre de sa compétence sur le développement économique et l'emploi - que la Communauté d'Agglomération Val-et-Forêt soutient l'action de CLE, tout particulièrement dans la perspective de l'accès ou du retour à l'emploi des " apprenants ". Pour ce faire, elle a passé avec l'association une " convention d'objectifs et de moyens " qui assure à CLE une importante subvention, encore augmentée en 2008, lui permettant de financer les actions menées au bénéfice des personnes habitant les 6 villes du territoire communautaire. |
Cette action de fond, basée sur une vraie coopération entre l'association CLE, les élus communautaires et le service Val-et-Forêt Emploi, le service public de l'emploi
local (ANPE, Assédic, Mission Locale) et les CCAS (centres communaux d'action sociale) des villes, illustre parfaitement l'importance d'un travail partenarial pour faciliter
et accompagner le parcours d'insertion des personnes en situation d'exclusion.Grâce à l'implication formidable des bénévoles et des salariés de l'association, chaque succès est aussi le fruit du travail commun. Gérard BRUNAUDVice Président de la Communauté d'Agglomération Val et Forêt, chargé du développement économique et de l'emploi Premier adjoint au maire d'Eaubonne |
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